Les violences font toujours reculer les progressistes

J’ai voulu attendre quelques jours pour écrire ces lignes suite à la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, tué par un groupe se revendiquant de l’antifascisme à Lyon. Parce que lorsque qu’un événement dramatique comme celui-ci se produit, avec tant d’implications politiques, il est nécessaire de se garder des réactions à chaud, tant elles peuvent aggraver un contexte déjà dangereux.

Dans cette affaire, c’est la question de la violence en politique qui se pose avec acuité. Il y a dans notre pays des groupes, peu nombreux mais bien réels, qui assument l’usage de la violence physique pour déployer leur projet idéologique. C’est majoritairement le cas de l’ultra-droite, comme l’ont expliqué ces dernières heures de nombreux spécialistes. Celle-ci recourt régulièrement aux attaques contre les personnes, là où l’ultra-gauche privilégie plutôt les attaques contre les biens et lieux symboles d’un capitalisme qu’ils combattent frontalement. Néanmoins, la mort de Quentin Deranque montre que même si elle est rare, la violence létale de l’ultra-gauche existe, et doit évidemment être condamnée avec la plus grande des sévérités par toutes celles et tous ceux qui se revendiquent de la République. On ne le répétera jamais assez, en République, le conflit politique ne doit jamais se résoudre par la force physique contre les personnes ou les biens, mais par le débat d’idées, les mobilisations sociales et le vote.

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Bonne année 2026 !

« Nous, les arbres ».

Je me souviens très bien de cette exposition de la Fondation Cartier, que j’avais eu le bonheur de découvrir en 2019, juste avant de basculer dans le monde des confinements.

J’avais alors scruté les carnets du botaniste Francis Hallé, qui nous a quitté il y a quelques jours. Fascinante plongée dans le monde des arbres, créatures aux mille silhouettes, qui comme de nombreuses plantes ont la capacité de vivre très longtemps du fait de la « réitération ». C’est à dire, la capacité à se reconstruire à partir d’un même organisme vivant, telle une nouvelle branche qui forme un petit arbre, avec son propre génome.

Je forme le voeu que comme nos amis les arbres, nous sachions nous réinventer en 2026, individuellement et collectivement, l’un n’allant pas sans l’autre, pour trouver les chemins du mieux vivre.

Nous réinventer en prenant plus de temps pour observer la nature et prendre conscience du continuum du vivant que nous formons avec les plantes et les animaux.

Nous réinventer en sachant donner à l’Europe un élan décisif, pour en faire une terre de protection d’une certaine idée de la démocratie.

Nous réinventer en faisant vraiment de la politique autrement, tant les françaises et français l’attendent et tant la situation l’exige. Dans un champ politique plus fracturé que jamais, il importe de savoir trouver les compromis nécessaires pour avancer, sans jamais renoncer à l’idéal d’un monde juste, où chacune et chacun a droit au bonheur.

En 2026, faisons plus de place aux idées et à l’écoute.

Bonne année !

[Image : extrait d’un carnet de Francis Hallé]

Le parlement des écologistes adopte une motion historique sur l’Europe de la Défense

Le Conseil Fédéral d’octobre a voté une motion que j’ai proposée, visant à faire de la construction d’une véritable Europe de la défense un point incontournable de toute alliance entre les forces écologistes et de gauche au plan national, en vue d’élections législatives ou présidentielle.

C’est une avancée importante dans la doctrine écologiste en matière de défense, traditionnellement axée sur le désarmement. Le vote de la motion montre que les écologistes prennent actent de la nécessité pour l’Europe de s’armer, afin de garantir sa souveraineté dans un monde de plus en plus hostile, et de pouvoir mettre sa puissance au service d’une diplomatie axée sur les droits humains et la protection de l’environnement.

Le texte de la motion est à retrouver ici :

Après Bayrou

Comme prévu, François Bayrou et son gouvernement n’ont pas obtenu la confiance de l’Assemblée Nationale, et démissionnent. Cette situation ouvre une nouvelle période de crise politique, dans laquelle les écologistes doivent prendre des positions claires, dans l’intérêt du pays.

La situation est en effet préoccupante. Le niveau élevé du déficit et de la dette publics réduit les capacités d’intervention des pouvoirs publics pour mener des politiques de justice sociale et de transition écologique, alors-même que la France en a plus que jamais besoin. 

Par ailleurs, de l’avis de nombreux économistes, l’état dégradé des finances publiques menace d’être aggravé par une crise politique qui viendrait à se prolonger. La France ne peut pas se permettre de ne pas voter de budget avant la fin de l’année, sous peine de fragiliser fortement tout son tissu économique.

Par conséquent, nous devons exiger du Président Macron qu’il nomme une ou un Premier.e ministre de gauche ou écologiste, en capacité de former un gouvernement rapidement, qui travaille à la préparation du budget 2026. Ce gouvernement doit pouvoir trouver une majorité à l’Assemblée nationale, ce qui implique de chercher des compromis politiques avec le bloc central.

Parallèlement aux réflexions sur un futur périmètre gouvernemental capable de donner un budget à la France, il faut approfondir l’initiative du “Front Populaire 2027”, qui jette les bases d’un rassemblement cohérent des écologistes et de la gauche pro-européenne pour les prochaines échéances électorales nationales.

Le rôle des écologistes dans la période est fondamental pour mettre parmi les premières priorités du budget 2026 deux sujets majeurs. D’abord, plus de moyens pour la transition écologique. En particulier pour aider les ménages les plus modestes et les petites entreprises à s’équiper pour économiser l’énergie. Ensuite, des mesures de justice fiscale. Les inégalités se creusent de plus en plus entre les plus riches et le reste de la population. Donc les plus fortunés doivent contribuer davantage à l’effort collectif. Et des économies importantes sont à réaliser du côté des aides versées aux grandes entreprises qui doivent être diminuées dès lors qu’elles ne s’engagent pas pour une économie qui crée de l’emploi local.

Enfin, pour enfin parvenir à une culture politique de coalition et de compromis, il faut instaurer la proportionnelle pour les prochaines législatives. La Ve République, où un bloc politique pouvait avoir la majorité à lui tout seul, c’est terminé.

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