Engager des politiques locales de sobriété

L’écologie, c’est produire et consommer moins, mais mieux.

Comment peut-on mettre en place des politiques de sobriété dans les territoires ?

Quelques réponses concrètes dans cet ouvrage collectif publié par Cedis Formations, auquel j’ai contribué. Il sort à l’occasion des prochaines journées d’été des écologistes à Grenoble, du 25 au 27 août.

Pour une économie durable, il faut relocaliser la finance. C’est le sens de Paris Fonds ESS.

Tribune de Florentin Letissier, Adjoint à la Maire de Paris en charge de l’économie sociale et solidaire, l’économie circulaire et la contribution à la stratégie zéro déchet et Fanny Massy, Directrice Générale de Paris Initiative Entreprise.

En 2015, l’accord de Paris pour le climat nous fixait pour objectif de maintenir l’augmentation de la température moyenne de la planète à moins de deux degrés Celsius, en insistant notamment sur la nécessité de « rendre les flux financiers compatibles » avec une économie plus durable.

La finance est au coeur des enjeux écologiques : elle fournit les moyens financiers nécessaires à tous les investissements vers une économie durable et décarbonée. Nous le savons, ils sont nombreux : il faut isoler massivement les bâtiments, développer les énergies renouvelables, déployer les transports collectifs et la mobilité douce, généraliser l’agriculture bio et locale, s’approvisionner différemment en faisant de nos déchets des ressources, et relocaliser notre production.

Tout cela nécessite de mobiliser d’importants flux financiers, publics comme privés. En France, l’étude la plus récente publiée par le think tank I4CE estimait que sur l’année 2020, le montant total des investissements pour le climat s’élevait à plus de 45 milliards d’euros, alors qu’il en faudrait au moins 15 milliards de plus pour se donner les moyens d’une véritable transition écologique et sociale de notre économie. C’est notamment l’objectif du programme InvestEU, porté par l’Union européenne et lancé l’année dernière, qui mobilise une garantie budgétaire de plus de 26 milliards d’euros sur la période 2021-2027, pour permettre aux acteurs publics et privés d’investir massivement dans « une économie plus verte, numérique et résiliente ».

Oui, il faut investir davantage dans la transition écologique, mais il est tout aussi indispensable de penser la manière dont cet argent va être utilisé sur les territoires. La finance verte doit bénéficier à l’économie réelle, locale et créatrice d’emplois. Elle doit être à l’avant-garde de ces nouvelles activités capables de recréer du lien social et de la résilience. Elle doit permettre d’investir dans ces métiers de production et de transformation à fort impact social et environnemental, qui préservent nos ressources naturelles, l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons, sur lesquelles sont d’ores et déjà positionnés des entrepreneurs engagés qui ne demandent qu’à se développer. Pour relocaliser la production, il faut donc relocaliser la finance. L’un ne peut aller sans l’autre.

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Maman, hier c’était ta fête

Maman hier c’était ta fête. J’ai hésité à écrire ce post, moi qui ne parle que politique ici, et pas de ma vie privée. Mais ta vie immense a été aussi éminemment politique alors ces quelques mots ont à mes yeux toute leur place à cet endroit. Et puis je trouve que la fête des mères ce devrait être d’abord l’occasion de parler de la vie de nos mères, de leurs engagements et de leurs aspirations.

Bien-sûr la politique se niche dans tous les recoins de l’existence. Dans tous les choix que chacune et chacun nous faisons. Tes choix ont toujours été forts, réfléchis et emplis de convictions. Toi, la petite fille de la cité des Dervallières, mère caissière et couturière, père ouvrier sur les chantiers de l’atlantique. Excellente élève, tu es devenue professeure de français-latin en collège. Tu t’es élevée vers ta vocation grâce à l’école de la République, et tu lui as tant donné ensuite. Prof adorée de tes élèves, habitée par les textes que tu enseignais, tu animais des ateliers théâtre sur tes pauses midi. Ils étaient comme tes enfants tes élèves, tu leur donnais énormément. À l’heure où l’école publique est si maltraitée par les gouvernements en place, ce que tu as accompli est tout simplement exemplaire. L’institution scolaire, elle, était bien peu reconnaissante d’un investissement comme le tien. C’est souvent comme ça, les ministères font peu de cas des gens qui préfèrent mettre leur temps à être vraiment utile plutôt qu’à courir après les honneurs ou les médailles.

Et puis il y avait ta vie de femme, de maman. Avec ma frangine, tu nous as tant appris et donné. Tu nous accompagnais dans nos projets, dans nos rêves. Soutien sans faille. Nous nous efforcions de suivre ton exemple d’une vie vécue avec passion et conviction. S’ouvrir aux autres. Se méfier des grandes gueules. Agir, faire, avec bienveillance. Tu n’étais pas une militante politique, ni syndicale. Tu étais bien plus que ça, ta vie toute entière était militante. Tu portais sur mon engagement politique un regard fier, mais tu te méfiais aussi avec raison des dérives d’un milieu touché lui aussi par la culture du clash et du buzz, au détriment du véritable débat d’idées, respectueux et argumenté. Cela fait trois ans que tu es partie et chaque jour je mesure tout ce que tu m’as apporté, personnellement et politiquement. Sur la terre comme au ciel, tu es avec moi chaque jour qui passe.

Retour en images sur le forum européen de l’économie sociale à Strasbourg

De très beaux moments de débats lors du forum européen de l’économie sociale des 5 et 6 mai. L’Union Européenne se dote d’une vraie feuille de route pour l’économie sociale, c’est une belle avancée !

J’ai pu nouer de nombreux contacts qui seront très utiles pour développer davantage les politiques d’économie sociale et solidaire à Paris, et aussi en France via le Réseau Rtes.

Deux de mes convictions fortes sont aussi renforcées. D’abord que l’avenir de l’ESS est vraiment de développer des activités dans l’économie écologique : celle de la réduction des déchets, du réemploi et du recyclage notamment. Et ensuite que c’est d’abord aux jeunes générations de porter cette ambition. J’ai été heureux d’échanger avec des jeunes européens qui sont plein de projets et d’optimisme pour les années à venir.

Pour sortir de l’économie du gaspillage, il y a urgence à donner davantage de moyens aux collectivités locales

Notre système économique produit des quantités croissantes de déchets que nous devons impérativement réduire et valoriser dans les filières de l’économie circulaire, notamment celle du réemploi solidaire pourvoyeur d’emplois locaux et de lien social. Les collectivités locales l’ont compris et soutiennent ce virage. Mais sous la présidence Macron, elles sont restées bien seules.

Voici plus de 100 ans que nous avons trouvé dans l’enfouissement et l’incinération le moyen de gérer les quantités de déchets grandissantes que nous produisons à mesure que nous consommons. Aujourd’hui, les poubelles débordent : chaque français.e produit en moyenne 4 tonnes de déchets par an, l’équivalent du poids de quatre voitures !

Pourtant nous savons que nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller les ressources de notre planète. Enfouir et brûler des déchets, c’est faire disparaître des matières et matériaux qui ont mis jusqu’à des milliers d’années à se constituer, et c’est se priver de ressources ou d’objets que nous savons maintenant réutiliser, en les réemployant ou les réparant.

Avec l’économie circulaire, nos déchets deviennent de nouvelles matières premières, indispensables puisque les ressources naturelles deviennent, elles, de plus en plus rares.

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Podcast : comment Paris soutient la mode circulaire et solidaire

Ce week-end j’étais invité par les organisatrices de WHO’S NEXT, le plus grand salon de la mode féminine en Europe, à venir rencontrer les marques écoresponsables.

L’occasion d’échanger avec des créatrices qui défendent une mode engagée pour la planète et pour l’inclusion sociale. J’ai aussi participé au podcast Qu’est-ce que la mode × Hummade, pour parler de notre action à la Ville de Paris pour soutenir cette filière mode/textile durable.

Syctom : face au mur de l’enfouissement, prendre le virage de la réduction et du tri des déchets

Le 10 décembre dernier, le Syctom, qui est le grand syndicat de traitement des déchets de 85 communes d’Île-de-France, dont la majorité situées dans la métropole du Grand Paris, votait son budget 2022. Ce vote fut évidemment un moment très important puisqu’il détermine les actions du Syctom non seulement pour 2022, mais aussi pour les années qui suivent, étant donné qu’un certain nombre de dépenses, tant en fonctionnement qu’en investissement, conditionnent l’évolution du volume et de la nature des déchets traités à horizon 2025. Voici mon point de vue sur quelques uns des enjeux principaux qui sont devant nous, en cohérence avec les grandes orientations que nous avons défendues en tant que groupe écologiste.

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